29.2.08

Vous prendrez bien un peu de métaphysique au cannabols ?

Pff, petite forme, moi... Je fais plein de trucs à la fois, parfois je me désorganise. Mais j'ai quelques trucs pour éviter ça. Je vous en parlerai une autre fois.

En attendant, c'est un échange avec Deizlevr, une nouvelle venue du blog, qui me faisait réfléchir à des machins.

Par exemple à ça :


Le monde est ma représentation. — Cette proposition est une vérité pour tout être vivant et pensant, bien que, chez l’homme seul, elle arrive à se transformer en connaissance abstraite et réfléchie. Dès qu’il est capable de l’amener à cet état, on peut dire que l’esprit philosophique est né en lui. Il possède alors l’entière certitude de ne connaître ni un soleil ni une terre, mais seulement un œil qui voit ce soleil, une main qui touche cette terre ; il sait, en un mot, que le monde dont il est entouré n’existe que comme représentation, dans son rapport avec un être percevant, qui est l’homme lui-même. (...)
Aucune vérité n’est donc plus certaine, plus absolue, plus évidente que celle-ci : tout ce qui existe existe pour la pensée, c’est-à-dire, l’univers entier n’est objet qu’à l’égard d’un sujet, perception que par rapport à un esprit percevant, en un mot, il est pure représentation.


Bon, c'est pas de moi, c'est du Schopenhauer (je ne me rappelle plus ce qu'il fait dans la chanson des philosophes, attendez je vérifie... ah, si, David Hume could outconsume him and Hegel)

J'aurais tendance à souscrire cette opinionsi je n'avais lu le Lila de Robert Pirsig (p'tain, toujours pas trouvé d'éditeur français pour ma traduction, superzut) qui voit en l'interaction du sujet et de l'objet (qu'il appelle Qualité) l'expérience fondamentale du monde. Si tu te brûles le cul en t'asseyant sur un poêle, explique-t-il, il est faux de dire qu'en tant que sujet tu as une expérience du monde qui va t'amener à réagir (genre, rhhaaa p'tin c'est chaud, quoi je fais, je bouge ou je reste ?) ; la brûlure, lieu d'interaction entre toi et le monde, est l'expérience fondamentale. Elle n'existe pas "que pour la pensée", comme le prétend Arthur, mais aussi pour ton futal (ou ton caleçon si tu es imprudent. Aussi, tu ne peux pas faire gaffe quand tu t'assoies ? ), voire pour le poêle. A cause des lambeaux de chair qui donnent une odeur particulière.

Quoi qu'il en soit, ces deux considérations métaphysiques ont une même conclusion : la relativisation de la morale.
Bin oui, parce que si tout est dans ta tête (ou le cas échéant dans ton cul), le Bien et le Mal, c'est ce que tu décides, non ? Troublant.
C'est ce qu'expérimente un personnage des Buddenbrock de Thomas Mann lorsque, au milieu d'une vie bourgeoise parfaitement réglée, la lecture de Schopenhauer l'amène à comprendre qu'il ne fait que reproduire un comportement hérité, alors même qu'il croit dur comme fer qu'il agit pour le Bien absolu.
C'est ce que n'expérimente pas, disons, un homme politique persuadé qu'il a raison, que ses idées (et celles dont il a hérité) sont les bonnes, qu'il agit pour les bien des autres (ces pauvres cons qui ne s'en rendent même pas compte) ou d'une entité supérieure définie comme idéal (La FFFffrance, la Lllliberté, la SSsssécurité, Dieu...)

Mais, me direz-vous, si y'a pas de bien pas de mal, si les entités soi-disant supérieures
ne sont qu'une hiérarchie que je me crée ou dont j'ai hérité, je fais quoi, alors ? Je laisse tout tomber et je pars faire l'amour à des chèvres par les matins de rosée ?

C'est là que la "métaphysique de la Qualité" de Pirsig me semble intéressante, quand elle pose pour idéal la Qualité dynamique, c'est-à-dire l'évolution, le changement - celui-ci étant toujours "moral" s'il respecte la hiérachie entre le matériel, le biologique, le social et l'intellectuel.

Exemple-type : tu es malade. Dans la représentation de Pirsig, il y a un conflit entre deux représentations du monde : celle des microbes, qui ont pour but de se développer, et la tienne, qui cherche à préserver son intégrité. Or, au fond, pourquoi choisir l'un plutôt que l'autre ? Tous deux sont des entités biologiques qui cherchent à se développer, et en ont parfaitement le droit.

La réponse des gens moins extrêmistes est grosso modo : je suis socialement et intellectuellement au-dessus d'un microbe, donc j'ai le droit et le devoir moral de m'en défendre, le personnel étant plus important que le biologique. Je peux même m'en servir - me faire vacciner, par exemple... A condition de connaître l'existence et le fonctionnement des microbes, évidemment.
(Mais je peux aussi me tromper, et me défendre de façon anormale face à une sollicitation normale : si tu es allergique aux fraises, par exemple. Merde, une fraise, c'est normal, non ? Ou bien encore, développer une attitude hygiéniste extrême, en me protégeant de toute sollicitation potentiellement dangereuse. C'est l'exemple du type qui ne sort pas de chez lui ou s'enferme dans ses habitudes pour fuir le changement).

Il en va de même pour le personnel et le social : lois, devoirs et droits gèrent leurs interactions. Le corps social réagit au fond, face aux sollicitations individuelles, comme un organisme réagit face à des stimuli extérieurs : il s'adapte, se protège, ou les inclut pour se construire et se modifier.
Mais, pour une société, où commence le danger ? La France interdit le cannabis ; les Pays-Bas, une autre région d'Europe, lui accordent un espace réglementé. Les deux le considèrent comme un élément potentiellement modificateur ; l'une le rejette, l'autre l'intègre.

Oh, vous pensez que je prêche pour la légalisation ? Loin de moi cette idée. En fait, je m'en tape. Je pourrais prendre l'exemple de l'Occitan (éliminé comme une mauvaise herbe, alors que le Catalan a résisté), du PACS, de la dépénalisation du droit des affaires, des pédophiles (choquant, non ? mais une certaine loi est dans l'air qui cherche à nier leur statut d'individus et de citoyens - à ce propos, l'édito de Philippe Val dans Charlie Hebdo de cette semaine, sur le rapport entre Guy Môquet et les lois Dati m'a semblé excellent), des artistes, ça fonctionne pareil : l'essentiel est dans l'interaction entre l'individu et la société. Où est la morale ?

Pour Pirsig, la réponse est dans la dynamique : ce qui fait évoluer est "bon" (à défaut de meilleur terme), ce qui se replie est mauvais : évoluer, c'est inclure ; exclure, c'est se couper d'une source potentielle de changement.

Qu'est-ce qui est mieux pour une société et ses membres ? Exclure les "déviants" (enfermer les pédophiles dans des mouroirs hospitalisés) ou les comprendre et leur définir une place (peine de prison, traitements psychiatriques adaptés, mais aussi questionnement sur la pédophilie - ultime péché pourquoi, et depuis quand ? - et instruction des victimes potentielles) ?

Pour Pirsig encore, l'intellectuel est un niveau "supérieur" au social, en cela qu'il permet de l'organiser

28.2.08

Voilà pourquoi je fais court...

Musique, images, textes... le multimédia, ça prend du temps.




27.2.08

Ce que me dit mon corps

Vous savez quoi ? Depuis que j'ai changé de boulot pour devenir artiss intermitteux, je fais ce que me conseille toujours mon beauf (et accessoirement seconde ligne préférée) Kikou "N'a qu'un oeil" C.G.
Alors keski me dit, mon corps ?

D'abord, ma cheville. Mon éternelle cheville, fratacassée il y a de longues années dans un combat homérique contre le RC Cathare (rigolez pas, regardez les vidéos sur Internet vous comprendrez) et qui depuis s'amuse à me jouer des tours.


Et un coup j'ai mal là, un coup je lâche quand tu appuies comme ça, ou comme ça, et un coup j'ai mal ailleurs... Tiens, j'en ai tellement marre que j'ai décidé de faire une IVG. Enfin, un RMI. Ou un truc comme ça.

Pourquoi fait-elle ça ? J'ai l'impression justement qu'elle se montre particulièrement joueuse les jours de doute. À moins que ce ne soit l'inverse, et qu'elle me fasse douter de moi ? Bref, dans ma tête, elle est associée au doute. Au doute de moi.

Ca me gonfle d'autant plus d'en souffrir juste quand je trouve que je me sens bien... Bon, enfin, c'est ma principale interlocutrice de douleur. Parfois, elle joue avec son pote le genou (le je-nous, dirait M'sieur Lacan - non, pas Lacan de Laguiole, l'autre, celui de Paris), explosé dans une cascade aérienne le lendemain de mon mariage, et, très rarement, avec mes c/ note : ces détails intimes sont dans un livre, le Petit Guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux (que j'aime toujours même s'il n'existe plus, tant pis pour vous), aussi jugé-je bon de ne pas les réétaler ici. Sinon, en ce moment, j'ai aussi une épaule en vrac, mais ça c'est 100% rugby, c'est de la bonne douleur/.



L'autre truc qui me préoccupe en ce moment, vous l'aurez compris, c'est le tabca (au point que je n'arrive pas à l'écrire correctement). Le ttt

Le ttbabaababc

Hum, hum.

tabac.

Le tabac qu'il est tabou et qu'on en viendra tous à bout, tralala, sauf moi, qui aime bien jouer avec les tabous. (Et avec les djembés aussi, la maquette bis de LoFi avance à grands pas).

Quoi qu'il en soit, le tabou du tabac tombe à bas chez moi. J'en discute avec mon corps.

Je lui dit "M'enfin t'es con, pourquoi tu fumes ? Ca te fait du mal, je le sais".

Il répond : Meuh non, c'est bon, paie ton mégot, fais pas le ratcha."

Je prends mon air malin, et je lui dis :
- Mais tu serais pas un peu addict, toi ?

- Pas ma faute, M'sieur le juge. C'est que tu t'occupes mal de moi.

- Oh hé hein attends, je te paye une salle de gym avec des toutouyoutous, je t'emmène marcher, je te laisse du temps entre les séances d'ordinateur, je t'offre du thé super bon, les meilleurs kebabs de Toulouse et des soirées entre potes, et tu continues à fumer connement ?

- Pas du tout. Je fume de plus en plus raisonnablement - sympa, ton petit jeu de la date limite (ouais bon, c'est expliqué dans un commentaire)."

Bon, finalement, il est sympa, mon corps. Il m'aide à me libérer de mes addictions, grandes et petites. Suffit juste que je comprenne comment (c'est pour le bouquin que je dois faire sur la cigarette).

Et sinon, mon corps danse aussi parfois en tutu, mais c'est plus rare. Ou se métamorphose en ours ou en loup-garou (je dis ça à l'intention de Princesse, qui ne va pas tarder à lire par-dessus mon épaule)...

25.2.08

Mon corps à la science

Bon, c'est pas tout ça, mais en plus de la correction, de la pièce de théâtre à terminer et des enregistrements de LoFi en cours, il faut que je prépare le projet suivant : le livre "Comment ne pas arrêter de fumer".

Expérience, donc, ce matin.

12:38, toujours pas de clopes (j'ai fini le paquet hier et je ne suis pas encore sorti en racheter).
Sensations de vertige léger, assez agréable (peut-être vestige de la soirée enregistrement d'hier, DjemBé, tu es trop jeune pour boire autant).

Alors, question que je pose à la foule des lecteurs : physiologiquement, quel est le rapport entre le manque de tabac et la sensation de vertige ? Si mes souvenirs sont exacts, le vertige est dû à un trucmuche de l'oreille interne ; pour quelle raison se déclenche-t-il en ce moment ?

J'ai également l'impression d'une agréable dilatation du temps (enfin, je tâche de la rendre agréable) ; mais il faut dire que, partagé comme moi entre 300 projets, mon PC est d'une lenteur peu commune...

Sinon, vous, ça fume ?

24.2.08

Nouvelles du socle granitique

Parmi les choses heureuses et douces que mes parents m'ont transmises, leur dernier cadeau en date - une vieille grange transformée en maison de famille - est peut-être le plus beau.

Trois ans qu'ils clouent vissent construisent, trois ans qu'ils passent de département en département pour que la remise en haut de la montagne devienne un nouveau lieu de vie.

Et ça marche. Marmaille partout, fignolages en cours, parquet ancien et couleurs vives : le grenier à foin est devenu foyer.

Anton et Zadig coupent des bâtons, jouent près des abreuvoirs pendant que leur grand-mère, l'oeil sombre, leur recommande de faire attention aux six voitures qui chaque jour traversent le village.

Cousins, oncles et tantes, pour des apéritifs où nous rions fort pendant que les enfants dévorent les saucissons que nous n'en pouvons plus de couper. J'ai même entendu l'occitan, la vieille langue, dans la bouche de mes fils.

Comme c'est étrange. Moi qui me sentais coupé de tout.

Princesse a pris sa journée au ski : elle est revenue plus étincelante que jamais (même si, tout à mon rôle de bon fils, j'avais un peu de mal à lui dire combien je l'aimais).

Et puis il y avait les moments de silence où, la pièce centrale abandonnée, j'allumais mon dictaphone et mon ordinateur pour écrire ; les moments où j'emmenais les enfants près du lac gelé, pour jouer au base-ball avec des pommes de pin - elles ricochaient sur la glace, glissant à la surface miraculeuse.
Je leur ai raconté l'histoire de Capdemule, l'enfant têtu qui ne voulait plus bouger, et que le lac recouvrit jusqu'au crâne - c'était ce rocher qui dépassait au milieu de l'étang. Nous avons cherché dans le ciel ce que dessinaient les nuages.

Je me suis assis au soleil, posé sur un socle granitique, dans la montagne que les enfants escaladaient en alpinistes miniatures.

Et j'ai respiré l'odeur du ciel bleu acier, de l'herbe d'hiver et des bouleaux qui tracent des ombres blanches sur les sapins.

En revenant à la ville, j'ai mis France Info. Je me demandais ce qu'avait fait le monde, depuis que je l'avais quitté - pariant avec moi-même qu'on me donnerait dans les trois minutes des nouvelles de l'agitation présidentielle (l'homme qui griffe l'air pour ralentir sa chute).

Monstres en prison (tant pis pour la justice), gastronomie à l'honneur : la politique Jean-Pierre Pernaut se porte bien, merci pour elle. Mais ces choses-là changent plus vite que les reflets du granit, que la forme des nuages dans le ciel, alors pourquoi s'en faire ? Si elles deviennent oppressantes, je repartirai vers l'oxygène d'altitude (prendre un peu de hauteur est-il vraiment égoïste ?)

Retrouver Gros Chien et ses yeux fatigués (c'est qu'il a bien bossé, le type, même qu'il remonte à Paris le clamer haut et fort), nos jeux faciles et nos rires ; écrire tout en parlant, laisser se dérouler l'histoire ; faire rire Princesse en lui faisant l'amour.

End of the break : demain, les choses c'est rieuses.

20.2.08

Quartiers d'hiver

Encore un matin avec les enfants hurlant dans la pièce à côté (pas facile de faire l'amour dans ces conditions, hein ?). Hauts et bas de parents, hauts et hauts d'amants : on va finir par trouver notre vitesse de croisière en cette tribu recomposée...

Mais foin de tout cela : j'embarque aujourd'hui Anton et Zadig pour le terrain de chasse de leurs ancêtres, là-haut, en pleine montagne, dans la toute nouvelle maison que leurs grands-parents ont retapée pour eux.

Dictaphone, ordinateur, guitare et tenues de ski : quelques jours de vacances (pour eux) et de fabrication de pièce (pour moi) devraient être profitables...

En attendant, sentez-vous libre de pourrir les commentaires de ce blog : vous êtes un peu mous, en ce moment.
Cela dit en toute amitié, bien sûr.
Mais mous quand même. Si, si.
Je veux pas dire, mais mon pote Oh!91, blogueur hardcore, a déjà son 1000e commentaire en 3 mois. Nous, par comparaison, on fait limite miséreux.

Sinon, vous, ça bourgeonne ?

19.2.08

Morning again

Ha ha... le bonheur, comme on dit, c'est comme le camembert : ça ne peut pas durer toute la vie.
Le réveil de ce matin était un poil différent.

Oh, ne croyez pas que quoi que ce soit ait changé ; nous étions dans ma chambre au lieu de celle de Princesse, les enfants jouaient ensemble derrière la cloison, le soleil faisait ses trucs habituels avec les stores... mais j'avais le tranloulou.

Le tranloulou ? C'est un terme familial pour désigner l'inquiétude, l'appréhension, l'agitation (en particulier matinale). Ca peut dégénérer en plusieurs affections : la rangeite aigüe - qui commence en général par un accès de C'EST QUOI CE BORDEL DANS VOTRE CHAMBRE LES GOSSES ? - la truellite aggravée ("bon, je sors la bétonnière et je vais construire un abri à chien - comment ça, on n'a pas de chien ? Et alors ?") et ses variantes (la coupite de bois étant une des plus connues).
Le tranloulou peut également évoluer vers des états dépressifs plus ou moins graves, tous à base de "oh putain je n'y arriverai jamais", et conduire vers des comportements anormaux comme "vérifier son compte en banque", "décider qu'on va éduquer ses enfants une bonne fois pour toutes" ou "se lancer dans le taf jusqu'à ce que les oreilles nous saignent".

Quelques petits malins luttent contre le tranloulou en le partageant à fleur d'épiderme avec leur compagne ou leur compagnon ; mais cela ne fonctionne pas toujours, car le tranloulou peut être contagieux.

J'aurais pu penser que c'était la trêve tabagique déclarée hier soir ; mais depuis que j'ai racheté un paquet de Fleur de Pays (tm), le problème est moins virulent.

J'aurais pu penser que c'était les mails et les coups de fil d'hier qui m'ont mis dans cet état :

"Oh Manu, tu me la fais, cette pièce ?" vers 09h30,
"oh Manu, voilà un joli petit manuscrit à corriger pour toi" vers 11h,
"Vas-y Papa, paie ton histoire de dragons" pendant le repas de midi, et (surtout)
"Dites, Mr Causse, vos nouvelles, là, on aimerait bien les publier" vers 14h, le tout pendant les vacances des gosses, ça fait un poil beaucoup, quand même...

Mais le tranloulou, ce n'est pas quand le taf arrive par vagues ; c'est quand on a peur de s'y noyer.
Alors ce matin, face au petit accès d'agitation qui me gagnait, j'ai décidé de sortir mon surf mental.
Aum.
Lecture de blogs. Enduits dans la cuisine. Méditation enlacée avec SLP. Blog.
Et les solutions m'apparaissent, les unes après les autres...

Finalement, le camembert, ça peut durer quelque temps.

Sinon, vous, ça s'agite ?

18.2.08

One fine morning

Dites,

il se passe quoi quand le matin vous vous levez avec un petit majordome charmant qui vient vous porter des tartines au lit,
que vous avez décidé de faire une semaine sans tabac sans tensions,
que les stores dessinent des tâches floues de monde sur le mur,
que vous souriez encore des longues discussions de la veille dans un pub entre amis,
que les enfants ont décidé d'être grands, maintenant,
que la peau de votre princesse a des saveurs d'épices et le doux du repos,
que la musique s'accorde à l'odeur de l'air et au chaud du soleil,
que les missions de la semaine sont parfaitement insurmontables (et que vous savez très bien que vous les réussirez)
que les choses, ce jour-là, se déposent dans l'ordre ?

Oh, merde. Je sais à quoi ça ressemble.

Du bonh... putain non, surtout ne pas l'écrire. Ca risque de rendre jaloux le bon dieu.

Et bon anniversaire, mon Zadig au sourire complice.

17.2.08

Il n'y a pas de messe

Dimanche matin


Adam et Eve expulsés
De l'anus de Dieu qui tousse
Nous recherchons la torpeur
Les enfants posés sur nos ventres.

14.2.08

Hey you ! Don't watch that !

Watch this...


Non, je sais, j'ai pas posté de tout hier, on me l'a amèrement reproché... mais c'est que je suis occupé, voyez-vous. Occupé à recopier des carnets où il y des choses comme ça :




La petite fille

Nous passions elle et moi près d’une petite école – grillages, fenêtres et préfabriqués ; pointant son doigt à travers le pare-brise, elle me dit :

- Regarde : là est la petite fille que je fus.

La formulation me sembla étrange ; je suivis du regard la direction que son doigt m’indiquait.

La femme de ma vie a des manières charmantes, des élégances et des coquineries qui me surprennent et me captivent. Elle les prononce d’une voix douce, presque étrangère (bien qu’elle ne le soit pas), une voix qui inexplicablement me fait penser à des mitaines – oui, des mitaines, ne me demandez pas pourquoi ; elle a quand elle parle des grâces de chat, qui tissent un délicieux contraste avec sa sensualité brutale et franche. L’entendre parler, à la sortie du rond-point d’une banlieue banale, de l’enfant qu’elle avait été, me parut dans l’instant une des ces arabesques verbales dont elle me fait parfois le cadeau.

Mais elle insista :

- La petite brune, là-bas, avec un pull rose ; c’est elle, l’enfant que je fus.

Et pendant que la voiture glissait, le moteur presque éteint, de ralentisseur en chicane, j’essayais à la fois de distinguer la fillette dont elle me parlait parmi le groupe derrière le grillage /je n’avais jusque-là pas remarqué que la cour de récréation abritât des élèves, et mon esprit, tiraillé entre la conduite en ville et l’affirmation saugrenue de ma compagne, ne m’informa que bien plus tard que nous étions en pleine période de vacances scolaires, et que par conséquent la présence elle-même de ces enfants était anachronique/ et de comprendre en même temps le sens de son affirmation.

Avant que le mur d’enceinte de l’école, à mesure que ma petite voiture dévalait la rue, ne me masque la scène, j’eus le temps de distinguer derrière le grillage une gamine au pull rose dont le visage présentait – pour autant que je puisse en juger à distance – quelques points de ressemblance avec celui, familier et pourtant toujours auréolé de mystère, de ma compagne.

Puis je ne vis plus rien ; je reportai mon regard sur la rue tranquille, où seule la couleur bleu foncé des plaques (les rues du quartier, si ma mémoire est exacte, portaient des noms de fleurs ou de marins célèbres) créait une impression de profondeur et de distance – le reste du paysage étant indifféremment composé de tuf, de béton et d’enduits couleur crème.

D’un coup de volant, j’évitai le rebord d’un trottoir ; non seulement mon attention était distraite par les mots incongrus de ma passagère – qu’elle ne semblait pas, d’ailleurs, avoir l’intention d’expliquer davantage – mais l’ensemble des rues et des intersections de cette zone résidentielle donnait l’impression d’avoir été conçu dans le seul but de faire ralentir les voitures

· soit, comme c’était probable, pour protéger les écoliers et les mères de famille (malgré l’image que je venais fugitivement d’en avoir dans la cour de récréation, j’en comprenais mal la présence dans un univers aussi dénué d’humanité),

· soit – et c’était l’hypothèse qui me venait le plus spontanément à l’esprit – pour retenir de force les rares voyageurs qui, comme nous, traversaient par hasard cette banlieue perdue.

Crèche, Centre sportif, ANPE : les panneaux n’affichaient que des mentions strictement utilitaires, des repères administratifs, comme si on avait refusé de donner la moindre indication ayant trait aux vraies directions du monde, au point que j’en venais confusément à douter de son existence.

- Gare-toi là, mon amour, me dit-elle d’une voix douce.

Tout d’abord, je ne compris pas : nous n’avions je le sais aucune raison de nous arrêter – la rue où nous venions de nous engager (qui dans mon souvenir porte le nom d’allée des Marguerites ou d’avenue Magellan) ne présentait pas la moindre place où se garer, chaque mètre de trottoir étant réservé aux bouches des portails clos devant les pavillons aux rideaux épais.

Je ralentis encore et tournai la tête vers elle, quêtant une explication.

Elle ne me regardait pas : ses yeux, que j’aimais tant, restaient rivés au rétroviseur.

- C’était moi. La petite fille.

- Mon amour que veux tu dire ?

Elle secouait la tête, comme pour se débarrasser d’une image entêtante ; j’aurais pu jurer qu’elle ne m’avait pas entendu.

- Ma grand-mère avait tricoté ce pull-over rose. C’était un des derniers vêtements qu’elle m’ait fait, je crois ; le printemps suivant, une attaque cardiaque l’a privée de ses mains. Sur le moment, je m’en souviens, je me suis sentie libérée. J’avais fini par détester les vêtements qu’elle me fabriquait – toujours un peu trop grands, aux couleurs sages. Je rêvais en secret des t-shirts courts de mes copines – les t-shirts du monoprix que des flocages rendaient brillants. »

J’aurais voulu objecter que le souvenir qu’elle déroulait auprès de moi (je dis auprès, car j’avais déjà bien conscience qu’elle ne s’adressait pas à moi, pas plus qu’on ne croit que celui qui parle dans son sommeil cherche à engager une conversation), même s’il lui avait été évoqué par la scène fugitive dans la cour de l’école, ne pouvait en aucune façon lui être relié de façon tangible ; j’aurais voulu lui avouer que cette fois, malgré tout le plaisir que je prenais à sa conversation, malgré les approximations charmantes et les traits de poésie authentiques qui me faisaient adorer les mots sortis de ses lèvres, je ne parvenais pas à comprendre ce qu’elle était en train de me dire.




Pfff, y'a plein de pages, à ces carnets... j'arrête ici pour aujourd'hui.

En plus, SLP m'a coaché sur le retapage, et j'ai un truc à dire, c'est qu'elle est nettement pire que Chuck "Ironfist" Cottonhouse...

Une bise spéciale aux amoureux qui ont la gueule de bois, et à ceux qui se foutent éperdument de la St Valentin, parce que c'est tous les jours la fête avec leur amoureuse, bordel.

11.2.08

Le Ki ki veut lire

C'est vrai, c'est bête que vous n'ayez pas pu venir vendredi au théâtre de poche. Alors je pose la question : Ki ki veut lire ? Si vous voulez savoir comment Maurice est mort, bin il suffit de m'envoyer un mail à mon adresse habituelle (si vous l'avez) ou à l'adresse lofi2008@free.fr.

Dans le même registre, le Ki ki veut voir et le Ki ki veut écouter seront bientôt mis en place dans ces colonnes. D'ailleurs, si vous voulez écouter le nouveau CD de la Teigne, bin j'en ai plein chez moi à vous faire essayer... et adopter.

Le Ki ki veut lire

C'est vrai, c'est bête que vous n'ayez pas pu venir vendredi au théâtre de poche. Alors je pose la question : Ki ki veut lire ? Si vous voulez savoir comment Maurice est mort, bin il suffit de m'envoyer un mail à mon adresse habituelle (si vous l'avez) ou ici, lofi2008@free.fr

10.2.08

Ouikend tranquille

J'ai entendu des hommes mettre des voix sur mes mots,
des enfants me parler comme si j'étais leur frère,
un frère me parler comme si nous n'étions plus des enfants ;
puis j'ai senti un père me prendre dans ses bras,
et des femmes avoir envie des miens /
d'autres soulevaient de leurs corps des mots et des musiques.

Puis vint l'heure de la ligne sinueuse,
basse qui promenait ses rythmes dans mes doigts,
et l'inspiration d'une simple guitare
allongée sous la voix douce et grave à la fois.

Et ouala. Et le ouikend est fini. Pour la petite histoire, première représentation de Tonton Maurice vendredi, gardage de nains princiers samedi matin, repas des familles, virée rugby+bistro entre potes avec Gros Chien, bla-blatages en tout genre, pièce de théâtre dans l'appart-atelier d'Yrf et Véro, (ici, dodo) concert de la Teigne et retour au théâtre pour entendre, parmi d'autres textes, un extrait d'Emmanuelle Urien et une de mes nouvelles lue par un comédien que j'apprécie beaucoup (même qu'il est aussi metteur en scène, de Tonton Maurice en particulier, et que je l'accompagnais à la guitare). Rentré à la maison, un peu de taf pour ne pas perdre la main, le tour des blogs et...

Et là, devant l'écran, un verre de vin, une cigarette, rien à dire ou à écrire à part :

à la vôtre...

tchin.

9.2.08

Modesties

"Mais c'est sordide" s'exclama à mi-voix une dame entre l'acte 1 et l'acte 2. Elle mit dans le mille. Les compliments qui ensuite me plurent semblaient s'adresser à un autre que moi.



(oui, oui, Princesse, tu as bien raison d'aimer Éric Chevillard)

8.2.08

She who loved me

Qui est celle
Après qui je cours
En toi
Derrière toi
A côté de toi

Qui est celle
Après elle
Après toi

La sorcière
La pucelle
et la putain


Celle qui un jour releva la tête
Me repoussa

Amoureux
Du mépris
De l'indifférence
Worthless before my judge
Seeking for Mercy,

God you were such a lawless judge

Et entre tes jambes et les siennes
Entre nos trois coeurs
Circulait suprême
Le bonheur

Et le désir coulait libre vers les deux mers/






Tiens, ça me fait penser que je connais des enfants qui ont deux mères, si jamais elles lisent ce blog je leur envoie un bisou et une p'tite pensée de naissance aux jumeaux.

À propos, saviez-vous que la France avait été condamnée, je cite mes sources, "pour discrimination à la suite d'un refus d'agrément opposé à une homosexuelle qui souhaitait adopter un enfant" ? Hé bin voilà.

Sinon, vous, ça va ?

7.2.08

Bis repetita

Au cas où vous ne l'auriez pas noté sur vos tablettes (vous avez des tablettes ? cool, ça fait pro), et pour apaiser ma conscience aiguë de l'auto-promotion, je me permets de vous rappeler que pas plus tard que le lendemain d'aujourd'hui, vous pouvez assister à la première représentation de ma familiale comédie Tonton Maurice est toujours mort, et ce au Théâtre de Poche, 10 rue d'El Alamein (quartier Bonnefoy - réservations conseillées au 05 61 48 25 52), et ce dans le cadre du festival Théâtre d'hiver.

Non seulement vous pourrez voir Mo et ses deux soeurs Ariane et Camille enterrer leur grand-oncle, mais vous pourrez également assister à d'autres spectacles avec le même billet d'entrée (voir plus bas sur ce blog), et même assister à la lecture d'inédits théâtraux (dont un texte d'Emmanuelle Urien et un de moamèm) dimanche à partir de 17 heures, toujours au Théâtre de Poche animé par le fantastique Didier Albert.

Bref, ça nous fera plaisir de vous voir.

Sinon, ça fait un ouikend chargé en perspective (sans compter que La Teigne se reproduit en concert dimanche vers 14 heures à la salle des fêtes de Ramonville...)




Addendum de milieu de journée : pour vendredi, en fait, ça ne va pas être possible : c'est complet... zut, j'ai encore fait un post inutile.

6.2.08

Elle rêvait de Venise
Il voulait l'ADSL
Elle faisait la vaisselle
Il faisait ses valises.

cedric gomez

Euréka

Ayé, j'ai trouvé.
A quoi j'étais accro.
Non, parce que la cigarette, l'alcool, le canabols, l'amour (par odre décroissant d'importance), je me doutais bien que ce n'était pas ça.
Et puis ce matin, j'ai retrouvé. Au sport, avec Princesse. Toutoutouyoutou et tout ça.
Le truc auquel j'étais accro, au fond, c'était le sport. Tout simplement parce que c'était ce que je faisais avec mon père : du sport. Les sensations de plaisir, de respiration.
Et j'étais heureux, les gens, si vous saviez. C'étaient les seules fois où cet Homme Important se penchait sur moi, et que je voyais briller l'amour dans ses yeux.
Alors, bon, je suis resté accro.
Comme aux accidents. Ah, parce que les accidents, c'étaient aussi les fois où ils me disaient qu'ils m'aimaient. (oh, pourquoi ils ? Parce que, je le sais maintenant grâce au bouquin que sur lequel je travaille, qu'ils n'étaient pas que mon père).
Donc bref, accro au sport et aux accidents. Ou à l'amour, tout simplement.
Je crois que j'ai été accro à l'amour parce que mon père me disait rarement qu'il m'aimait.

(Mais ce type, mon père, était vachement fort : il savait me le dire, même très rarement.)

Tout ça pour dire : je me sens tellement mieux depuis que je sais à quoi je suis accro.

Sinon, les gens qui sont avec moi vous disent :

que mes parents à moi ne savent toujours pas comment me dire qu'ils m'aiment (mais que moi je sais le sentir, même si le silence ça fait mal), et que moi aussi le sport m'a rendue accro (et qu'on s'en fiche pas mal, quand même, en général). Mouvements, contacts, progressions...au moins on sent qu'on existe, et qu'on avance. Bon, n'empêche que pour l'ordre décroissant d'importance, même si je ne le prends pas mal, aujourd'hui personnellement moi-même je suis essentiellement accro à, devinez quoi-qui-commence-par-un-a... ben oui...tant pis pour moi.

Attends... je m'ai gourré ? Il fallait lire "par ordre croissant d'importance", nos lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes.

4.2.08

Introducing...

En bordeaux-tirant-sur-le-pourpre (voir le post ci-dessous), la première intervention sur ce blog de Mr le famous, l'only et l'unique, mesames and gentmen, I gi ve youuuuuuu


CYRILLE POMES ! aka Cédic Gomez, aka Gros Chien From Toulouse (qui a promis de se laisser pousser les épaules pour jouer au rugby), talentueux dessinateur, illustrateur, auteur, scénariste et accessoirement bon pote à moi, dans :

le gros chien et le berger

L'après midi sur "rires et chansons", à chaque heure, une blague.
Quinze heures:

"C'est un berger qui rentre dans un sex shop,
il demande:

Vous avez des brebis gonflables?"

J'ai ri.
Fort.

Demain, France inter.

3.2.08

Elle m'a obligé...

Je vous jure, elle m'a forcé. Pendant qu'elle allait chercher des bières, des bougies et d'autres choses pour se faire une mini-fête entre nous (il devrait aussi y avoir la famille GrosChien/ Gomez, mais même).
Elle m'a dit "bin oui mais tu écris un truc".
Oh superzut. Tout ça parce que, quoi qu'en disent les posts ci-dessous, même quand on se sépare un jour ou deux - ou encore pire quand on est ensemble mais éloignés l'un de l'autre - il y a ce moment où l'on se retrouve et où chacun de nous a une voix intérieure (qui dans mon cas a un accent occitan, allez savoir pourquoi) qui lui dit : "Bon, c'est pas fini, les conneries ?". Et puis de petits mots en sourires, on se dit ce qu'on s'était jusqu'alors écrit, et passent les colères et les doutes.
Ca doit être pour ça qu'on s'aime. A cause de cette putain d'évidence quand on se retrouve.

J'ai lu les pages qu'elle a écrites ce ouikend : du pur Elle, entre désespoir et drôlerie, entre larmes et beauté sauvage. Je lui ai dit "rhhhhaaa ça ferait un beau post", mais elle avait déjà posté quelques-uns de ses états d'âme sur son blog à elle.
(Note : Je lui ai déjà proposé de faire blog commun - elle a dit non. Et c'est moi qui suis lâche ?)

Bon, enfin, bref, le soleil brille le soir au pays des Emmanuel(le)s.

Alors j'écris quoi ?
J'avais commencé ça (mais j'ai buté sur une rime)

Je me couperais une main plutôt que de te dire que je t'aime
J'ai tellement peur que demain mon coeur ne soit plus le même
Je me couperais un bras plutôt que de promettre quelque chose
D'aussi faiblard et banal que la vie en rose

Notre histoire d'amour ne ressemble pas
A celles qu'on trouve dans les journaux
Notre histoire d'amour ne ressemble pas
Aux images glacées de Carla et Nico
Notre histoire d'amour a des bas et des hauts
Il y a des jours où on ne sourit pas sur les photos
Notre histoire d'amour a des hauts et des bas
On ne sera jamais Nico et Carla...

Ouais, ouais, ouais. Faudrait voir ce que ça donne question musique.

Nico et Carla, archétypes de l'histoire d'amour? C'est qu'on serait tous tombés bien bas, pauvre France...
Je propose qu'on fasse mieux. Ou autrement, en tout cas.
Pour la Rolex, une copie, ça suffira, en attendant que les droits d'auteurs de mon prochain best-seller tombent?
...Mais sinon, je t'offre (non, là, c'est off)...




Parangon de lâcheté

"Emmanuel", me dis-tu, "tu es lâche et je t'aime".

Que répondre à ça, sinon que les deux sont probables ? Et même que je pourrais me justifier, tiens. Te raconter à nouveau les quelques histoires d'amour qui m'ont grillé les neurones du coeur, les quelques rencontres qui m'ont fait croire que je pouvais les remplacer.

Te dire encore une fois qu'être amoureux pour moi c'est être malade, tendre vers un autre maquillé d'idéal et de manques pour éviter de tendre vers soi-même.

Te dire que non, je le jure, le quotidien ne m'aura pas - pas sans que je me sois battu façon Rambo pour défendre ma peau et mes doutes.

Peut-être que je suis un clown au bord de la nausée, au bord de dégueuler dans sa trompette. Peut-être que je suis un pervers, un malade mental, que je me suis inventé une foi pour excuser mes errances.

Peut-être que tout ça et je m'en fous.

Anton, Zadig et moi parlions du plaisir - après que quelques sirènes se furent déclenchées pour m'accuser d'être un mauvais père, un mauvais amant, un mauvais joueur et un pauvre bougre. Je leur disais que j'aurais aimé leur apprendre à vivre dans le plaisir, le simple plaisir de soi et du partage. Et que je m'en voulais souvent d'en être incapable.

Je balance quelques prières, à tout hasard. J'esquive les mouvements moraux qui me visent à la tête.

Toi ? Toi, je te trouve belle, drôle, émouvante, attachante. Nous faisons souvent des pas côte à côte - et souvent aussi, j'aimerais sauter dans le vide et te laisser seule sur le chemin. Je te laisserais un joli mot, des paroles qui danseraient dans le vent autour de toi pendant que tu marcherais seule. Des chansons, des poèmes - le reflet de ma voix qui te chante une chanson d'amour.

Parce que pour moi, visiblement (et j'aimerais bien savoir pourquoi) aimer c'est mourir ; parce que le moindre revers de bonheur me donne envie de sauter de la barque et de m'enfuir. Et que oui, je t'en veux de te tenir si près de moi que tu connais mes faiblesses et que tu me montres les tiennes.

Lâche, bien entendu. Aussi lâche qu'on peut être.

Et tout ça ne sont que des mots, qui sortent pour m'éviter de faire ce que j'ai à faire : t'appeler au téléphone, te faire rire.

Et aussi : je puise en toi la force d'avancer, de guérir, de créer.

Bon, et, d'accord, j'avais oublié samedi matin que cela faisait pile-poil un an que nous avions consommé physiquement pour la première fois notre relation, je sortais d'une nuit chiasseuse et j'avais encore sommeil : OK, j'aurais dû te faire l'amour avant que le réveil sonne, avant même que tu le demandes, façon prince charmant qui a mangé un étalon... Des fois, le désir, c'est con, ça oublie les anniversaires.

Je ne suis pas que lâche, je suis goujat aussi. Malheureusement, je m'en fous un peu.

Peut-on (mou)rir(e) de tout ?


- Je suis malheureueueueueuse !

- Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?

- Malheureueueueueueueueueueuseeueueueuh !

- Tu peux gémir moins fort ? Qu’est-ce qui t’arrive, encore ?

- Lui et moi, on s’est disputés. Il a crié. Il a dit des gros mots. J’ai eu très peur, et beaucoup de peine.

- De la peine pour des gros mots ? Mais il en dit tout le temps…

- Mais non, c’est pas ça (et arrête de mettre de la cendre sur mon clavier… d’ailleurs, avec ce que tu tiens, tu ne devrais pas fumer), c’est parce qu’il était vraiment très fâché, c’était comme la fin du monde, pour moi. Et puis après, il est parti.

- Ben oui, il avait rendez-vous, tu ne vas pas en faire une montagne, non ?

- Tu ne comprends pas. Il est parti, et on n’a pas eu le temps de se réconcilier.

- Il t’a dit qu’il t’aimait.

- Oui, mais non. Parce qu’après, il m’a envoyé un mail qui finissait par « bon week end », et c’était comme une formule administrative, et puis il m’a appelée par mon prénom, et même pas « mon amour », ou « trésor » ou « princesse ».

- Tu ne crois pas que tu exagères ?

- Mais non, je te dis. Surtout qu’après, je l’ai appelé, et il n’avait rien à me dire.

- Il avait peut-être besoin de temps pour réfléchir.

- Justement, ça me fait peur, quand il réfléchit. Il doit sûrement se dire qu’il est temps de couper les ponts avec ce boulet. Enfin, la chaîne. Et moi, après, qu’est-ce que je vais faire ?

- Te jeter d’un pont ?

- Tu n’as pas de cœur.

- Si, le même que le tien jusqu’à la preuve du contraire. Sauf que moi, en plus, j’ai une tête. Qui me dit que ce n’est pas la fin du monde. Des types comme lui, il y en a plein. Personne n’est unique. Sauf toi.

- Sauf nous, alors. Et ça fait deux, et ta théorie ne tient plus. Et puis d’abord, tu dis n’importe quoi : il est unique, et avec lui je me sens unique.

- Ouais, eh bien vu l’image lamentable que tu donnes maintenant, c’est pas dommage.

- Mais c’est parce que je suis malheureueueueueueuse !

- Tu ne vas pas remettre ça ? Pourquoi tu ne l’appelles pas, d’abord ?

- Mais parce qu’il n’a pas envie ! Il veut être seul, se ressourcer à son portable, dormir chacun de son côté, tout ça…

- Prendre un peu de recul ? De l’élan pour mieux sauter ?

- J’aime pas quand tu es vulgaire.

- Pour quelqu’un qui prétend avoir du cœur, tu as plutôt l’esprit mal placé. Tu vois très bien ce que je veux dire.

- Bon, d’accord, mais quand même : une fois qu’il l’aura pris, ce recul, qui dit qu’il voudra avancer de nouveau ? Et dans la même direction que moi ?

- Parce que tu crois que tout ce que vous avez vécu ensemble, inventé, projeté, construit, ça s’oublie en deux jours ?

- Peut-être que je suis allée trop loin…

- Pourquoi ? Tu as fait quoi, exactement ? Tu l’as énucléé ? Emasculé ? Tu lui as fait une scène dans la rue en déchirant tes vêtements et en le traitant de proxénète machiste ambitieux et mégalomane ? Tu as appelé sa mère en lui disant que son fils était un bon à rien et qu’il élevait clandestinement des couturières nord-coréennes mineures dans une cave ?

- Arrête, c’est pas drôle. Si tu souffrais autant que moi, tu la ramènerais moins.

- Bon, calme-toi. Tu te fais du mal. Attends que ça passe.

- Mais non, je ne peux pas, je souffre trop, attendre c’est la pire des choses !

- Alors je ne sais pas, moi, occupe-toi en attendant. Tu n’as pas des enfants ?

- Ils sont couchés.

- Un roman à écrire ?

- J’ai pas la tête à ça.

- Mettons le cœur. Puisque tu n’as pas de tête.

- Oh là là ça fait maaaaaaal !

- Encore ? Tu ne veux pas essayer de prendre ça à la légère ? Te dire que c’est un de ces mauvais moments que traversent tous les amoureux, et qu’il n’y a qu’à en rire ?

- D’abord, amoureux, il n’aime pas. C’est comme couple, ou compagne. Ça prouve bien qu’il ne veut pas de moi.

- Vous faites chier, tous les deux, avec votre vocabulaire à la con. Tu l’aimes, il t’aime. C’est pas un bon départ, ça, même si de temps à autre vous vous aimez de travers ?

- C’est surtout qu’à l’arrivée, on ne sait plus où on est. Moi, en tout cas, je suis paumée. Et malheureueueueueueueuse, si tu savais !

- Je crois que je commence à avoir une idée, oui. Tiens, reprends un Kleenex.

- Et puis je vais avoir le nez tout rouge et les yeux tout gonflés et il va me trouver moche quand il reviendra. S’il revient.

- Oui, remarque, vu ta tronche en ce moment, mieux vaut qu’il ne revienne pas. Tu ne ressembles à rien.

- Vous êtes tous trop méchants ! et moi je suis trop …

- Malheureueueueueueueuse, oui, j’ai saisi l’idée générale.

- Ah, tu vois.

- Mais tu sais, il y a une solution.

- Ah bon, tu crois ?

- Bien sûr. Si tu souffres tellement avec lui, tu n’as qu’à le quitter.

- Le quitter ? Tu es sérieuse ?

- Bien sûr. Tu ne serais pas la première. Et mieux vaut être seule que mal accompagnée.

- Je te déteste quand tu dis des conneries pareilles.

- Pourquoi des conneries ? Sérieusement, si tu es aussi malheureuse que tu le dis, tu n’as qu’à en finir.

- Et faire quoi ? une dépression ? C’est ça que tu proposes ?

- Retourne chez ton ex. Tu sais qu’il n’attend que ça.

- C’est pas un peu fini, non ? D’abord, mon ex, je ne veux plus vivre avec lui. Je l’aime beaucoup, mais franchement, j’ai d’autres priorités dans la vie. Dans ma vie.

- Comme quoi ? Te lamenter parce que tu traverses une crise avec ton amoureux ?

- Je ne me lamente pas, je souffre.

- Pour ce que ça change.

- Tu n’y connais rien, toi, avec ta tête.

- Et toi, avec ton cœur, tu n’avances pas.

- On n’est vraiment pas faits pour vivre ensemble.

- Qui ça, vous deux ?

- Mais non, nous. Toi et moi. Ta tête et mon cœur, quoi.

- Je ne sais pas. Moi, ton cœur, il arrive quelquefois à toucher ma tête.

- Tu es drôlement souple. Moi, ta tête, eh bien, je ne sais pas…

- Tu ne peux pas la voir, c’est ça ?

- Mais si. En fait, je l’aime bien. Elle est toujours en place, sur nos épaules. Ça fait un point de repère.

- Bon, alors on continue, nous deux ?

- On va essayer.

- Tu n’es plus malheureuse ?

- Bien sûr que si. Mais comme tu me fais rire, ça va aller. Mais ne me laisse pas, hein.

- Et lui, tu crois qu’on peut le faire rire ?

- Ça dépend du niveau de ressourçage, ça prend du temps, ces machins-là. Mais on va essayer.

- D’accord, on tente le coup.

- En attendant, je vais prendre un bain.

- Moi aussi.

- Pas trop chaud, hein. Après, j’ai le cœur qui fond.

- Et moi la tête qui fume.

- A ce propos, n’allume pas cette cigarette.


...En attendant, quelqu’un a du Tranxene ? (donne le tube, va...)

1.2.08

Message à caractère informatif...

Jai reçu ça par mail :




Le festival Théâtre d'hivers c'est 5 euros la place et le billet est valable pour un deuxième spectacle....et ça tombe bien, je connais deux bons spectacles :
la Cie à la fin de l'envoi présente :
"Tonton Maurice est toujours mort"
de Manu Causse
mis en scène par Pascal Lebret
avec Nathalie Gout, Christian Tegon, Pascal Lebret et Nathalie Dewoitine
Tonton Maurice est mort...Ariane, Mo et Camille se retrouve pour l'enterrement...
au programme : disputes et secrets de famille.
Une comédie humaine !
Le vendredi 8 février à 20H30
au Théâtre de Poche
(voir plan sur le site thetredepoche31.free.fr)
réservation conseillée : 05 61 48 25 52
La Cie du garage présente :
"Drôle d'embrouille"
de Sophie Herman
avec : Sylvain liberman, Antonio Jordan et Nathalie Dewoitine
Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché...c'est ce que Paul aurait du faire ! il doit mainteant faire face à une femme, la sienne, "légérement" soupçonneuse et énervée, à un cousin "légérement abruti" et quand s'y mêle un inspecteur de police "légérement" pervers, là on atteind des sommets !
Le samedi 9 février à 15h
MJC des amidonniers
2 port de l'embouchure
Réservation au 05 61 22 59 50


Alors du coup c'est pas de l'auto-promo...

douce servitude

Rewriting, traduction, vérifications... les boulots (payés, heureusement) s'enchaînent et m'enchaînent à mon PC. Pourtant je sens en moi bouillir des envies de couleurs, de batterie, de jaillissements. Et ça me frustre, forcément - d'autant plus que les rares incursions que je m'accorde dans les domaines créatifs - un tableau pour l'anniversaire d'Anton, entre autres - ne me satisfont pas pleinement.
Sweet life partner me prête ses yeux, mais je me sens incapable de lui prêter mon attention -et, devinez quoi ? Je m'en veux un peu.
Le temps. L'obsession du temps. Finir avant, rendre pour. Oh, ce sera fait, bien sûr. Aucun doute au moins de ce côté-là. Au prix d'un peu d'agitation.
Non, ce qui m'inquiète le plus est ce qu'il me reste dans le coeur - votre cadeau de Noël, ce mini livre que j'avais prévu pour l'anniversaire de Petit Géant mon neveu, un autre que j'ai en projet, et, et, et...

Du calme, mon homme. Répète-toi ces mots, "un temps pour la graine, un temps pour la fleur..."


Sinon, vous, ça mantrate ?