12.9.08

Pack Lauzerte : number one

Bon, ça y est j'ai commencé.

Nan, parce que je ne vous ai pas fait un post sur le Pack Lauzerte pour vous laisser tomber ensuite. Ces recueils, je vais les lire, des fois que la puissance de ma prose ne vous ait pas suffisamment convaincus. Et puis je vais vous dire ce que j'en pense, histoire de vous encourager à les tenter de votre côté.

Mettons-nous tout de suite d'accord : je vous en dirai du bien. Pas seulement parce que dire du mal est une perte de temps et d'énergie ; mais surtout parce que je veux tenter un truc qui ne m'arrive plus assez souvent : lire pour le plaisir.

En ce moment, quand je lis, je lis genre "pro du truc". Et que je te trouve la petite coquille ici, l'adjectif en trop par là, le poil de cul dans l'histoire qui fait que ça ne fait pas quoi ça aurait dû... bref, je lis en mode correction - et c'est très con, ou au moins frustrant. Mais c'est le taf qui veut ça.

Heureusement, je ne lis pas souvent : ça m'évite de participer à plein de conversations du genre, "Au fait, tu as lu le dernier... parce qu'il faut absolument, non, je te jure..."

Le "Il faut" avant le verbe lire me pré-soule, me déconnecte et m'envoie immédiatement au pays de mes pensées.

De temps à autres, je rencontre un livre ; on discute un peu ensemble, et puis on passe nos chemins. C'est comme une amoureuse : si tu attends, c'est que tu ne peux pas la rencontrer.

Bon, je diouague, revenons-en au fait : lire les 5 recueils sélectionnés pour le prix de la nouvelle du Scribe, qui sera remis le 21 septembre à Lauzerte (pour les liens, voir ci-dessous, j'ai la flemme à cause des cartons et tout ça). Et puis essayer de dire quelque chose de vaguement intelligent dessus, afin de.

C'est mal barré : hier soir, lisant au lit le premier volume choisi au hasard, j'ai lâché un "oh putain" sonore et enthousiaste.
L'auteure-qui-tient-à-rester anonyme qui s'endormait à mes côtés m'a jeté un oeil noir (elle a un très bel oeil noir, de par le fait. L'autre aussi, d'ailleurs), et je me suis repris immédiatement : manquerait plus que je m'exclame sur les nouvelles d'une autre...

Car il s'agit d'une autre. Plus précisément de Laurence Barrère, et de son recueil Rescapés ordinaires, chez D'un Noir Si Bleu.

Alors oui, on va m'accuser de copinage vu que c'est aussi mon n'éditeur et qu'en plus j'avais lu cette nouvelle qui m'avait disons-le fort alléché sur le site de Françoise Guérin ; mais voilà, la triste réalité est que j'ai pioché au hasard dans le joli sac rouge du Scribe (n'hésitez pas à le réclamer en mailant votre commande à Jacques, c'est le sac le plus tendance du moment), que ce recueil est venu et que bon, toute façon fallait commencer par quelque chose (oups, j'ai dit fallait).
Et que ce serait du copinage que ça ne me gênerait absolument pas de l'avouer : je suis toujours fier de mes copains, et fier d'en être fier. Mais là, bon, c'est juste le hasard.


Et donc, grâce en particulier à ma formation de lettré, j'ai pu émettre dès le milieu du recueil cette sentence définitive : "oh putain".

Peut-être même avec un point d'exclamation (étouffé, à cause de l'auteuse anonyme qui etc.)

Très universitaire, non ? M'étonne pas que j'ai enthousiasmé des générations de collégiens grâce à la subtilité de mes avis en matière de lecture.

Bon, j'étaye.

Rhhaaa comment ça déchire ?
Non, trop Gomez (qui marie sa soeur, le coquin, alors qu'un déménagement de la plus grande importance est en cours dans sa ville adoptive...)

L'auteur nous enchante grâce à la subtilité de ces analyses psychologiques qui merde je me suis planté dans ma phrase ?
Ouais, bon.

Merde, je suis nul en critique.



Les hameçons.
Les hameçons que tu vois, que tu connais.
La sensualité, le sens extraordinaire de l'ordinaire. La logique de l'absurde.
Ca, tu t'y es déjà laissé prendre. Alors quand c'est si bien fait, tu n'hésites pas : tu replonges. Tu t'accroches. Parce que tu sais déjà que tu aimeras cette nouvelle, où qu'elle t'emmène.
Parce que le personnage a un quelque chose qui, parce que les phrases chantent comme.
Parce que.
Parce que, tout simplement, les phrases ne te lâchent pas. Et tu ne lâches pas les phrases.
Et tu frissonnes un peu d'avance, quand même, parce que tu attends le moment où la ligne va se tendre, où tu vas te faire embarquer, retourner, chavirer.

Mais ça n'arrive pas. Oh non - c'est bien pire.
Quand ça part, tu ne t'y attend pas. Ca t'emmène dans un petit grand pays, un univers minuscule, inconnu et familier ; une explosion où, l'espace d'un instant, tu te reconnais.
Et où, comme malgré toi, tu souris.

C'est l'odeur de la terre sous le temps d'une maison ; c'est le sens unique d'une fissure ; c'est une estampe qui s'ouvre en corolle et te laisse au soleil.


Ouéééé... Comment ça doit donner envie de lire, ça...


Bon. En tout cas, moi, j'adore.
Il faut absolument le li...

Bref, comme on dit par chez nous, je me suis régalé.

A bientôt pour notre rubrique "ce sont les auteurs qui en parlent le mieux".

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Y aune coquille dans le billet, y a une coquille dans le billet!

Ce que je veux dire, juste, c'est que ça n'arrive pas qu'aux autres.

Manu Causse a dit…

Plus d'une, en fait. Enfin, maintenant, il y en a une en moins.

Fumier d'anonyme qui m'oblige à me relire, comme si je n'avais que ça à faire, lire les âneries d'un vague écrivain sur le Net... (c'est la bonne que j'ai corrigée, au moins ? Parce que les capitales accents et cédilles, faut me pardonner, c'est à cause que le clavier du le machin avec alt 0192 et pis aussi caps lock et tout le merdier, tu vois...)

BABYLONEZOO a dit…

Merci pour le passage et le commentaire

Anonyme a dit…

Moi aussi,moi aussi!!!