6.4.10

854 - Vers la moisson


1) Moisson de projets
Oui, voilà, les projets c'est comme les semis dans le jardin : on ne voit rien pousser, on oublie presque, on se dit que c'est mort. Et puis un jour... bin, un jour, c'est mort quand même, mais on se rend compte que ça a failli marcher.
Les éditions 13e note publieront en août une traduction du Lila de Robert Pirsig - mais ce ne sera pas la mienne, vu que j'avais frappé à presque toutes les portes avec ce projet, mais pas à leur. Bin tant pis : ce sera l'occasion de lire l'étonnant parcours philosophique et romanesque de l'auteur le plus intrigant de son époque.
Le blog des Gmörks s'est arrêté il y a presque un an ; il ne me reste aujourd'hui que deux exemplaires du petit livre fabriqué à l'occasion de l'expo Keskifécon. Alors quoi ? Bin je les envoie à quelques éditeurs. Comme je pourrais, je suppose, envoyer deux-trois pièces de théâtre, dès que je trouverai l'envie de le faire - ou terminer une bonne fois pour toutes ces deux romans en attente, E(u)x et Ma vie n'est pas un roman bordel. Encore que, terminer, ça veut dire quoi, sinon trouver un éditeur que cela intéresse ?
Pour l'instant, donc, je ne pense qu'aux projets un peu échoués.
Mais bon, le printemps viendra, non ?

2) Torgnole psychologique
Ces deux-là ne savent vivre qu'en se lançant au visage un cortège de reproches et de propos amers ; ensuite, ils se retrouvent, s'assurent qu'au fond ce n'étaient que des mots.
Jusqu'à ce que les mots reviennent, aussi forts qu'avant.
Leur vie est comme une émission de catch sur une chaîne du câble : un affrontement soigneusement chorégraphié, qu'ils ne cessent de préparer et de se représenter à l'avance.

3) On tour
C'est drôle : j'étais persuadé que proposer des lectures en échange du gîte et du couvert résoudrait le terrible problème de mes prochaines vacances. On ne dirait pas.
Zut, je vais être obligé de ne rien faire.

4) Il fut un temps
Il fut un temps où je disais ce qui me passait par la tête, libéré enfin de la possibilité d'une lecture qui fasse mal, qu'on me reproche. Je n'avais pour amis que des amis d'amour, je m'éloignais de ma famille et des mots qu'elle ne pourrait entendre, selon moi.
Aujourd'hui, à nouveau, j'écris sur la pointe de pieds - malgré le poids de ma bedaine qui tend à faire grincer les planches de la bien séance.
Ainsi, je ne pourrais pas en ce moment écrire Oh mon dieu comme j'aimerais partir enfin me libérer oublier tout ce qu'on exige tout ce qu'on me demande tout ce poids sur mon dos.
A la place, j'écrirais quelque chose comme j'aurais bien besoin d'une promenade. Ou Moi qui jamais ne m'abandonne, je me sens abandonné. Et par moi, encore.

5) Le prochain projet
Fa, dans un commentaire il y a quelques temps, parlait du problème de la course en ville, où on se sent toujours mal à l'aise. J'ai résolu le dilemme en inventant le free-running. Il s'agit de courir non pour se déplacer ni pour aller vite, mais juste pour se sentir vivant dans l'espace. Cabrioles, bruits de chevaux, imitation d'animaux, de fusée, de voiture, double jeté-battu, course du singe... et travail sur la notion du regard de l'autre sont au programme. Bientôt des vidéos.

1 commentaire:

Fa a dit…

1) Oui, terminer "E(u)x" et "Ma vie n'est pas un roman bordel" me paraît une bonne idée. Car en effet mes vacances arrivent et (mal)heureusement je n'ai plus rien à lire. Tu n'as donc pas d'autre choix que de trouver un éditeur que cela intéresse...

5) J'attends avec impatience de voir ça.