1.4.09

647 - Une lettre à une vieille maîtresse


En ces temps de disette littéraire, je me préoccupe possiblement réintégrer les rangs de l'Education N. ; j'envoie du papier, je m'interroge, et on me demande ma situation... Voilà ce que j'ai envie de répondre.


Ma situation...

Ouh la.

Bon, question professionnel, j'ai été prof 5 ans de suite dans un collège du Gers. Je suis divorcé célibataire amoureux en instance de mariage*, résidant en tribu avec une femme, ses enfants et les miens à Toulouse, ville dans laquelle j'ai choisi de vivre pour cette raison même. Je fonctionne en garde alternée, mais les papiers du juge indiquent que je n'ai pas la garde des enfants. A la limite, cela peut s'arranger.
J'hésite actuellement entre retourner bosser un peu pour l'éducation nationale et casser mon contrat, démissionner, pour aller poursuivre quelques chimères (même trop, même mal, vous savez ce que c'est) du côté de l'amour, de l'écriture, du spectacle vivant et de la libre entreprise.

Ethiquement, je me demande quoi faire.

Je me sens mal à l'aise d'être prof sous Monsieur Sarkozy, parce que je me demande si je ne suis pas un peu dangereux pour les élèves (il n'y a qu'à lire les pages de mes blogs, on sent bien le type fragile psychologiquement, ça parle de cul et de poésie, de dépression, de cigarette, de sexe, d'amour et de pétards, on y lie des liens avec des sites homosexuels notoires, des groupuscules extrêmistes musicaux et des expériences artistiques bizarroïdes, je vous demande un peu, où est la morale républicaine dans tout cela ?).
Et puis mes derniers employeurs ne sont pas tous contents de moi, et ça chatouille ma conscience professionnelle. Re-et puis j'ai écrit des livres, et les enfants peuvent y voir des choses que certains (eux ou leurs parents ou d'autres encore) n'aimeraient pas voir dans un prof (i.e, un être humain).

Il faut pourtant que j'assure le bistèque, ainsi qu'une vie de famille suffisamment décente aux deux enfants que j'ai coprocréés. D'autre part, ma disponibilité de droit prend fin. D'autre autre part, le Ministre chef de l'éducation a parlé de deux ans de salaire si je me barrais, sauf qu'il a oublié de signer le papier, alors bon, j'attends l'occase. De troisième part, enfin, en allant bosser pour des boîtes d'enseignement privées, je me rends compte que le vieux n'a pas perdu en lui tout son sang, et que j'ai peut-être encore deux-trois choses à enseigner et/ou à apprendre. Si ça se trouve, ça pourrait me plaire, et ça pourrait plaire aux élèves.
En bref, à l'heure actuelle, j'envisage de participer au mouvement des mutations, pour trouver un poste le plus près possible de chez moi. Parce que la dernière fois, c'était 100 kms par jour, et entre les accidents de voiture et la fatigue, j'ai failli y rester. Si j'avais à choisir, j'opterais pour un lycée, un lycée pro, une filière européenne ou un truc approchant : après 8 ans de collège, j'ai envie de changer. Mais c'est sans doute une demande péremptoire, en ces temps de crise, que de vouloir travailler en fonction de ses goûts et de ses compétences tout en conservant une situation familiale relativement gérable...

Ma question est, comment ça se dit, en termes de points de l'éducation nationale et de statégie de mutations ?
Et le cas échéant, si Steven Spielberg téléphone pour acheter un scénar ou si une énorme traduction me tombe dessus ou si je m'enfuis à l'étranger avec une danseuse orientale, y a-t-il un moyen pour dire poliment à M'sieur le ministre, "continue sans moi, on s'rejoindra plus tard, ou appelle si tu as besoin, ça m'donnera p't'être envie" ?

Voilà un peu mes interrogations, hors langage administratif.

Sinon, vous, ça va ?

1 commentaire:

Dahu l'Arthropode a dit…

Essaie de trouver un cours qui se donne le mardi. Le mardi, il te vient des trucs propres à être enseignés. Et puis, il ne faut pas laisser les Rahouls sans instruction, ils seraient à la merci des tigres de l'administration.

Autrefois, je me suis dit que si seuls les cons entraient dans la police, il ne fallait pas s'étonner qu'elle soit comme elle est. Et puis, à la réflexion, je ne connaissais pas de type intelligent.

Flic, ça te dirait? Non? Alors, l'enseignement, peut-être...