23.11.09

774 - Dans le salon de nos cousins parisiens


Bon, nous autres, les Belges, Toulousains, Bourguignons, Bretons, Angevins, on parle normalement. C'est à peine si de temps à autre un accent sur nos langues rappelle nos origines (nous ne nous lasserons jamais, je pense, du stand des éditions Quadrature, bien plus beau que les nôtres).

Et puis parfois, nous nous retrouvons chez nos cousins parisiens. Eux parlent différemment. Pas vraiment normal. Un peu pointu, un peu métallique. Comme s'ils mâchaient en permanence un bout de tour Eiffel.

Alors, nous les écoutons.
C'est qu'ils parlent, vous savez.

Nous nous faisons petits. C'est qu'ils sont connus, eux - cela fait une différence. Je ne sais pas s'ils se connaissent, mais ils se reconnaissent.
Du coup, nous leur en sommes reconnaissants.

J'avais mes plus beaux sabots, ce samedi, au salon d'Ozoir-la-Ferrière. C'était peu pratique, à voir comment les organisateurs (en particulier Luc-Michel Fouassier et sa douce épouse) couraient en tous sens.

Pour ne pas les gêner, nous sommes restés assis, attendant que le peuple d'Ozoir-la-Ferrière vienne nous découvrir.

Ce qui se fit. Lentement, sans doute, au rythme des mini-mouvements de foule (nos cousins parisiens, quand ils sont nombreux, savent très bien faire une foule ; il faudra qu'on apprenne, un de ces jours) et au travers des écueils des nombreuses personnalités qui, malgré une épidémie de grippe fort mal venue, ponctuaient le salon ; mais nous avons eu quelques discussions avec des autochtones qui, mis à part cette histoire d'accent pas normal, étaient charmants.

- Ah vous êtes aveyronnais/bourguignon/corse/papou/belge ? Tiens, moi aussi, mon grand-père l'était. Et vous écrivez des livres ? Quelle idée étrange...

Quelle étrange idée, en effet. Des livres, il y en avait beaucoup (plus de 50 auteurs, précisait la sono qui agitait mes pavillons acoustiques) - même si du côté des miens, il n'y avait que Visitez le purgatoire, une proposition pas toujours agréable à entendre.

L'immense Georges Flipo (un cousin parisien) avait remporté le prix Ozoir'elles, et trustait, en toute logique, les files de visiteurs ; il faisait même un peu d'ombre à Yves Simon ou Véronique Genest, parrains de l'événement, qui, grands princes, l'ont félicité.

Le soir, nous avons traversé Ozoir en tout sens pour nous retrouver chez le cousin Luc-Michel, entre nouvellistes ; et là (était-ce la délicieuse cuisine de Valérie, la fin de la journée ou le cognac ?), nous nous sommes tous mis à parler normalement.

En repartant, dimanche matin, j'avais un petit goût métallique dans la bouche. La Tour Eiffel ?

PS : Du coup, j'ai envie de parler un peu de moi (aha ahahah), et de ces six titres intitulés Just for des mots, que vous pouvez entendre, voire écouter, ici...

Ill : Quelqu'un apparaît, ep

2 commentaires:

Patrick a dit…

Un stand est un stand! Point final
(private joke offerte par les éditions Quadrature de Belgique).

Pascal a dit…

D'accord patrick, d'accord ! mais en vrai, par chez nous, de notre côté de la Louvoise on dit plutôt un [stɑ̃:d]...