17.3.10

844 - Green day (vert comme la peur)


1) Memory

Soirée d'anniversaire, hier ; ceux qui étaient là s'en souviendront (avec un léger mal de tête et un goût sur la langue), ceux qui n'avaient pas pu nous soutenaient, et nous avons pensé à eux.

Pour Elle, il y avait des cadeaux, dont celui-ci,

La femme de 40 ans apprend à ouvrir doucement les portes que des hommes ont refermé sur elle

La femme de 40 ans apprend à ouvrir lentement les yeux sur sa beauté intemporelle

La femme de 40 ans apprend à aimer tendrement le temps que dure chaque étincelle

La femme de 40 ans apprend à secouer gentiment le sommeil des illusions cruelles


Elle a le temps

À présent

Le temps pour elle


Elle se réveille le matin

Le soleil flotte dans la chambre

Elle sourit à son traversin

Son coeur s'étire dans son ventre


Elle sourit au garçon

A côté d'elle dans le lit

Qui ressemble un peu à son mari à son enfant ou à son homme


Elle sourit à l'enfant qu'elle a porté il y a longtemps qui l'oublie lentement qui a porté tant d'elle


Elle a le temps

À présent

Le temps pour elle


Elle sait elle a appris

Le secret de sa vie

Chaque seconde même grise

Est une seconde de prise

Au néant et à l'inertie


40 printemps 40 hivers 40 étés

et

quand viendra l'automne

Il n'y aura personne

D'autre qu'elle

À regarder par la fenêtre

En souriant.


à bientôt pour la musique / et de l'amour, pour toi, plein.


2) Aventures éditoriales


La couverture de Solo Rock, bilingue pour adultes à paraître bientôt, m'est parvenue hier ; je veux bien votre avis, le mien étant encore réservé.

Dans le même temps, j'ai mis un point final à un double projet totalement impubliable (oui, oui, c'est un défi) - un roman illustré recto-verso intitulé E(u)x/Ma vie n'est pas un roman, bordel.

Vu les refus qu'a essuyés la première partie, le fait que je ne vois pas quoi travailler sur la deuxième, et que l'objet me plaît tel quel, avec ses peintures et ses corrections apparentes, je pense me contenter cette fois d'un exemplaire unique. Bientôt sur e-Bay, histoire que je gagne ma vie d'artiste ? A moins que je vous le prête - ça parle de l'amour qui meurt et qui pourrait renaître.

3) Message personnel

Dis, Pascal mon éditeur, tu veux vraiment republier Petit Guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux en numérique ? J'y ai bien réfléchi, et j'ai un peu peur.
T'ai-je bien précisé que ce recueil a provoqué de nombreux divorces, dépressions et autres départs à l'aventure ; on a tenté de museler sa puissance dévastatrice en l'envoyant à Oulan-Bator, en Angleterre et sous les tropiques, voire en l'enferment dans un congélateur et en le pilonnant (tout cela est parfaitement véridique et attesté, je peux fournir les témoins).

Comme Raspoutine, il ne veut pas mourir, et comme le Nécronomicon, il peut rendre fou. Que ce soit de bonheur ou de joie ne change rien à sa dangerosité : je ne voudrais pas qu'on te poursuive pour avoir vendu un livre avec de vrais morceaux d'amour dedans.

Cela ne t'effraie-t-il pas ?
(et sinon, j'ai paumé les contrats, tu m'avais envoyé une version papier ?)


4) Partageons un secret

J'ai acheté des chaussures pour courir, mais je n'ose pas les porter - d'ailleurs, je n'ose pas courir en ville.
En plus, elles sont d'un vert fluo qui fait aujourd'hui très mal à la tête.

Effrayant, non ?

6 commentaires:

Anonyme a dit…

affiche : c'est peut-être la couleur ?

Anonyme a dit…

pardon il fallait lire : couverture.

Emmanuelle a dit…

1 - ... (merci)
2 - C'est typiquement la couleur du couvercle des containers à ordures, non?
Je pense que Solo Rock mérite mieux...
3 - Je confirme que même à -18°C, le Petit Guide reste un brûlot
4 - Tu as bien fait d'oser, finalement, cette tenue te va à ravir.

Fa a dit…

1- Avec un si beau texte, ça donne forcément envie de les avoir. Je vais donc attendre, sur les 327 jours qui restent... et espérer qu'il en soit ainsi pour l'homme que je suis.

2- Va pour le dessin ! Quant à la couleur, à vrai dire...

4- Contre ce maudit complexe de courir en ville et pour passer un peu plous inaperçou, tu peux toujours essayer de ligoter un éboueur pour faire la tournée nocturne à sa place. Courir avec des shoes vert fluo derrière des containers dont le couvercle est vert. Summum du camouflage et de l'harmonie.

Manu Causse a dit…

>tous : je transmets pour le vert (j'aime bien le dessin, même s'il ne me fait pas penser à grand-chose). Finalement, j'ai osé aller courir. Très vert fluo, tout ça - heureusement, je suis très vite devenu tout rouge.
> Fa : Le premier vers s'inspire d'un poème de Donald Justice que j'avais lu chez John Irving et sur le site d'Emmanuelle ; je le redécouvre ici, http://www.augustpoetry.org/passage/men_at_forty.htm
et comme un con je pleure en souriant. La poésie, quand ça marche, j'aime.
>aNonyme : je te compte dans les moins, pour la couleur.

fg a dit…

1- Elle en a de la chance, cette Elle
2- En changeant le vert pour du bleu, ça donnerait quelque chose de pas trop mal, je dis.
3- Pas lu, pas brûlé
4- Je te comprends, c'est pour cela que j'avais préféré acheter Courir de Jean Echenoz, c'est moins fatiguant de lire les autres courir