4.6.10

888 - Soif et jardin


1) Aveu presque suprenant

Depuis quelques jours mon mail ces commentaires mon envie de projets (et mon ventre je suppose) se tarissent ; depuis quelques jours je m'étrangle sur ce besoin de reconnaissance, cette soif qui nous pousse et par définition ne saurait être satisfaite (sinon par le trop-plein l'excès l'avalanche, l'enfouissement le dégoût - mais resterait tout de même insatisfaite). Je l'entends qui tambourine sous mon coeur dans mes tympans à ma fenêtre, qui bourdonne dans ma chambre ma maison - notre maison, car Elle n'est pas en reste, je suppose.
Et ce malgré l'évidence : le soleil, les sourires, le travail qui m'amuse et que j'aime (même si personne ne vient me dire que j'ai les plus beaux seins du monde).
Comme s'il manquait quelque chose, comme s'il manquait l'amour - dont je reçois pourtant, et espère donner, des émissions quotidiennes à hautes doses.
Putain, mais où je l'ai rangé ?


2) Commençons les recherches

Je fouille du regard la courette : une table-tableau, une échelle, une chaise un miroir, un barbecue en fer forgé impraticable, qui sert de socle à des fétuques dans des pots pastels ; le cordon entortillé du jet d'eau derrière le camélia, le bambou, le géranium qui joue à mettre du rouge partout sur le jaune et le violet ; les sièges bas dont j'ai coupé les jambes pour qu'ils soient des fauteuils ; l'herbe que nous avons semée pour un carré de gazon à la fraîche sous le figuier, la bêche qui pend accrochée à l'arbre, le meuble bas où poussent en vrac une belle sauge (car de quoi mourrait-il, l'homme qui a de la sauge dans son jardin ?), des pieds de coloquintes, de canabols et de tomates ; les aromatiques, la table, l'ordinateur, mes mains. Il y a même, et je l'écarte, un cendrier qui m'empuantit la vie, et un coussin argenté, reste d'un cubi de vin rouge. PLus le feuillage des troènes, leur odeur douce et leurs fleurs qui jonchent tout ce qu'elles peuvent malgré le balais, et au fond l'atelier.
Ouéch, mais c'est gavé d'amour, mon frère. C'est comme ces jeux d'optique où tu dois distinguer en écartant les yeux ce que tu ne voyais au départ.
Vas-y, prends ton temps, regarde.


3) Easy go

Ce serait un jour, par exemple, à reprendre la cigarette, l'alcool, le canabols, le polysexe, la dépendance. Ca ne changerait rien, je suppose, mais ça déplacerait le centre de gravité vers le moyeu de la connerie.

4) La blague de la semaine

Offerte par Oh! au passage -uniquement pour ceux qui ne lisent pas les comms :

C'est un chien qui autour d'un réverbère.
Chic, un cul !
Merde, c'est le mien.

Illustration parfaite de la déprime circulaire.
De la joie aussi, je suppose.

3 commentaires:

Oh!91 a dit…

et voilà comment on passe pour un intellectuel !...

Anonyme a dit…

Je suppose qu'avec "tourne", ce serait superflu.
Fétuque. On apprend tous les jours. Le Petit Robert lui-même en reste sur le postérieur. Et la beauté de tes seins, ça progresse ?

Cécile

Manu a dit…

Oups, pardon, Oh ; moi, je la trouve nettement plus profonde que, mettons, un bouquin de Michel Onfray.

@ Cécile : là, je reconnais, "tourne" aurait pu le faire. Quant aux Roberts, on laisse grandir...