19.10.11

990 - Ce que je ne te dirai pas

Presque d'accord
1) Le film du dimanche

À quoi ça se mesure, la qualité d'un film ? Au fond, à peu de chose, peut-être. J'ai vu hier La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli. Ils se rencontrent, ils s'aiment sur fond de Paris réaliste, ont un enfant. Qui se révèle atteint d'une tumeur au cerveau. Alors ils réagissent, s'aiment sur fond d'hôpital réaliste, vivent cette non-vie de parents d'enfant malade.
C'est d'abord le son qui m'a surpris - au départ grésillant, puis intégrant des chansons, des effets bruts de bricolage qui ne fonctionnent pas toujours, sans parler d'une curieuse voix off explicative dont j'ai cru au début qu'elle était, sinon un gag, du moins une fausse piste. On trouve également dans une grande partie du film une esthétique très "années 80" (téléphone à touche, papier peint à fleurs, Rancho vert fluo et lettrages orangés) dont je n'ai pas compris la fonction et qui m'a parfois troublé. Les deux acteurs principaux sont magnifiques, même si leurs réactions me sont souvent restées incompréhensibles, avec un je-ne-sais-quoi d'artificiel et affecté ; parfois, il m'a semblé que le couple, Roméo et Juliette de leur prénom, se fichait un petit peu de leur enfant et de sa maladie, comme extérieurs, trop occupés à s'observer réagir eux-mêmes - des adultes 2.0, me suis-je dit, capables grâce à leur téléphone portable d'être partout à la fois et présents nulle part, même pas dans leurs sentiments.
Alors quoi ? Une daube bien française ? Un petit film bricolé à la va-vite, qui ne fonctionne que par la véracité du propos ("avec de vrais morceaux de vie à l'intérieur") et la plastique des acteurs ? Un énième ovni parisien avec des copains bobos qui se regardent ne pas vivre ?
C'aurait pu être tout ça. Mais la qualité d'un film, je m'en suis rendu compte, est tout à fait mesurable. On peut, par exemple, l'indiquer en HST.
Il n'était pas 18 heures, dimanche, quand nous sommes entrés dans le cinéma ; le soleil jouait à cache-cache entre les immeubles, tantôt tiède, tantôt doux, racontant des histoires dorées d'une fin de dimanche, en un improbable automne. J'étais avec elle et nous marchions, complices, dans ce mélange de questions qui nous caractérise.
Il n'était pas 18 heures et il restait donc près d'1h30 d'HST, heure de soleil toulousain. Et à passer ce temps devant La guerre est déclarée,  je ne me suis pas senti spolié une minute ; aussi discutable que soit le film, je me sentais dans la salle aussi vivant, sinon davantage, qu'à l'extérieur. Et donc... c'était un bon film, voilà. Qui valait son pesant d'HST. Si donc tu as envie qu'on te raconte une histoire vraie avec des bouts de ficelle et de sentiments à l'intérieur, avec une vraie grâce, alors n'hésite pas une seconde.

2) Woody Shakespeare

Vicky Cristina Barcelona à la TV ce soir ! m'avait vivement conseillé cette amie qui. J'avais raté ce film à sa sortie, comme tous les films de Woody  Allen depuis une bonne dizaine de, mais pourquoi pas ? (Bobo comme tu me connais, je me suis quand même débrouillé pour le regarder en VO grâce à Mr Torrent). Et une nouvelle fois : putain, Woody, mais tu es déjà allé à Barcelone ? Tu as déjà vu les couleurs de la ville et du pays, les mouvements de la foule ? Tu as déjà vu des vrais gens, pas des archétypes jet-setiens ?
Sauf qu'il ne s'agit pas d'Espagne, ni de réel : vieux Woody, encore et toujours, nous parle du vaste ballet des sentiments, des jeux et des torsions du coeur - pas du marivaudage, non, plutôt ce regard à la fois émerveillé et lucide sur ce qui nous meut et nous émeut ( Et ça me rappelle les comédies de Shakespeare, où chaque personnage, même le plus abject, est parfaitement vrai, sincère - devenant dès qu'il prend la parole le centre du monde, celui que l'on veut aimer.
Une histoire de trio amoureux ? En ce moment, étonnant que ça me.

3) Et justement

Voilà qui ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps : ne pas publier un post, voire plusieurs. Il faut dire que ce dialogue solitaire avec un petit diable prenait des tournures d'oeuvre, ou bien de témoignage par trop intime. Donc... il continue, mais pas ici. Une nouvelle niouzletter ? Un truc de théâtre pour le futur ? On verra bien. Comme pour l'Image, tu peux choisir de le lire plus ou moins régulièrement en m'adressant un mail (et ensuite, tu ne liras plus que moi, et vous serez des milliards, et j'aurai enfin atteint mon but, non mais des fois).

4) Les cheveux, ça rend con

Perruque blonde, lunettes carrées : puisqu'on filmait hier la première de Pas plus haut que le bord à la Dynamo, Aymeric de la Mouille avait adopté un look premier de la classe (j'y ai même perdu mes moustaches, que ne ferait-on pas pour).
Tu n'y étais pas ? Pas grave, car tu pourras écouter l'émission aujourd'hui, à 18h sur Campus FM (94.0 ou en streaming). Le public était encore un peu clairsemé, et nous prenions nos marques, mais de l'avis général les textes et la prise de son étaient de très haut niveau. On s'écoute ça ensemble tout à l'heure ?

Redevenu nu sur mon crâne, malheureusement, je me suis aperçu qu'on ne se défait pas aussi facilement d'un personnage d'hystérique de droite : j'ai passé la soirée à me montrer hautain, sarcastique et désagréable - et à draguer ouvertement. Le pire, c'est que j'aurais pu aimer ça - n'eussent été les rappels à l'ordre de mes compagnons de soirée... Bref, méfions-nous des personnages qui nous. Et à tout à l'heure sur les ondes.

2 commentaires:

zoé lucider a dit…

Vu le film du dimanche, un mercredi. Bien fichu en dépit de son côté foutraque ou grâce à. Vais essayer de t'admirer en blonde tout à l'heure. N'ai rien de mieux à faire, suis au lit avec une bonne crève chopée dans le métro parisien sans doute.

Manu Causse a dit…

Rester au lit, quelle bonne idée... tu me diras à quoi je ressemble, depuis derrière la radio. des bises de prompt rétablissement, surtout.