18.1.13

1027. Littérature de guerre

1. Tuer l'histoire

Sex Artist, planche d'histoire # 2, négatif.
Un cul-de-sac d'Internet où je tombe par hasard me parle d'un roman "nouvelle Bible de la droite", consistant visiblement en une compilation de faits divers destinés à montrer à quel point ce monde, ce pays, ce quartier, etc., sont dangereux, vont à vau-l'eau et tout ce genre de choses. Oupe-la, ma brave dame, fermez bien votre porte parce que le monde est devenu fou.
Ce qui m'intéresse - dans l'image qui naît en moi à la lecture de quelques lignes - c'est la pointe d'inquiétude-tristesse que cela engendre quelque part du côté de ma poitrine. Dévoyer l'espace du roman pour stigmatiser, diaboliser ; rogner sur le domaine de la presse pour flatter les peurs et les aveuglements volontaires ; accaparer le champ du débat public pour étouffer les autres voix... L'écrit en devient suspect.
J'envisage un instant une grève de la parole. De l'écriture.
J'envisage de tuer dans l'oeuf le roman qui vient - sacrifice virtuel sur l'autel de la littérature.
Et puis bon, je passe à autre chose.
Hapiness is a warm gun, n'est-ce pas.

2. Engage-toi, qu'elles disaient

Suspectes également les nouvelles, les informations, "ce qu'on veut bien nous dire" sur cette guerre au Mali, la prise d'otages en Algérie ; ne jamais oublier qu'un terroriste est un être humain, que les intérêts d'État sont souvent complexes ; ne jamais oublier que nous ne sommes qu'un système en fonctionnement. Bref, je ne me départis pas d'une distance vis-à-vis de moi-même pour éviter les pièges de la communication.
Et toutefois, voilà : je ne trouve pas en moi le doute sur le bien-fondé de cette guerre. Ne jamais imposer à l'autre ses propres dieux ses lois ses juges ; ne pas le laisser nous imposer les siens ; ne pas le laisser les imposer à de plus faibles que lui.
Simple humanité.

3. De la poésie comme arme de poing

Si ton dieu existe, fort comme tu l'assures,
Pourquoi aurait-il besoin d'imposer son existence
- et d'emprunter ton bras ?


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