27.1.09

Jour de mars


Dorénavant, le mardi, tu seras celui à qui je parle.

Il y a dix ans moins un jour à cette heure (c'était un mardi comme aujourd'hui) je finissais un cours à Vic-Fezensac; une collègue m'invitait au restaurant, car elle me voyait sourire d'une manière insistante, d'une manière nouvelle.

Je lui ai dit que le matin même - non, dans la nuit - j'avais emmené ta mère à la clinique (j'avais acheté la voiture la plus rapide du monde, mais bon, il n'y avait personne sur la route à 4 heures du matin), et que depuis, nous t'attendions.

Il y a dix ans, je ne racontais pas ma vie : j'attendais de la vivre.

Il y a dix ans à cette heure cela faisait cinq heures que je te regardais - je t'avais vu passer de l'état d'organe à celui d'être humain, je t'avais vu naître, notre vie commençait.

Il y a dix ans je n'avais pas la moindre idée de qui tu serais, de ce que nous serions dix ans plus tard. Je crois que je croyais que rien ne changerait jamais - le chien garderait la maison en pierre, nous nous promènerions dans la campagne, je serais un professeur à peine plus ridé.

Mais si tout a changé (souvent je m'en excuse), n'est-ce pas pour le mieux, mon aimé ?

Je te raconterai si tu veux ces dix ans (tous les mardis, le jour qui porte ton nom ?), et ceux aussi que j'avais vécus avant, ceux où au fond je ne faisais que te préparer.

En attendant, mon fils, mon trésor, mon amour, mon prince - toi, tout simplement,

bon anniversaire.

Aucun commentaire: