12.2.09

Le Jeudi, c'est pour moi ?


Jeudi je me dis

qu'il ne faut pas parler de corde dans la maison du pendu, que les mots
dépendance alcool suicide dépression
attendront quelques jours encore ;

je me dis qu'il neige, mais je n'y crois pas trop,

je me dis que demain, mais c'est peu vraisemblable.

Et que me dis-je d'autre ? Que mon véhicule me coûte trop de pensées, comme peut m'en coûter cette tendance actuelle à moins d'emploi plus de froid plus de vent fin du monde - après tout je peux retourner au chaud à côté du poêle dans l'éducatruc nationale. Autour de moi on m'assure que cela ne changera rien à ce que je suis, mais j'y suis déjà resté au moins une fois (était-elle accidentelle, cette sortie de route, ce camion qui arrivait, mes jambes sous la colonne de direction et ces cons de pompiers qui me trouvaient agité - agité sans blague, alors que la mort une fois encore avait posé son doigt de silence entre mes yeux au milieu de mon front ?)

Pour moi, aussi, je parle

des chemins qui partent d'ici,
de ce chemin par-derrière qui annonçait l'enfer,

du mystère envolé dans le bruit des usines (installées en pleine campagne qui défigurent le paysage de mon enfance).

Je parle, j'explique, que je me sens aussi parfois velléitaire, même si je crois au fond à l'existence au-delà des voiles, au delà du maya, d'une force source forge que nos choix de faire ou ne pas faire laissent intacte (mais cela peut-être aussi illusion).

Je me dis que ma mère a fait un couscous, que les enfants pourront s'amuser dans la neige, que je subviendrai bientôt aux besoins de ma belle,

et que cela me suffirait pour disparaître en paix.

1 commentaire:

Dahu l'Arthropode a dit…

Subvenir à ses besoins te suffirait à disparaître en paix. Mais alors, toi disparu, qui subviendrait?
Dis, quand reviendrais-tu?
Sur le comment, j'ai tant de certitudes que je ne pose pas de question.